Sobriété à volonté

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Notre association

Dépendants en rétablissement, que nous soyons abstinents heureux ou consommateurs en souffrance, nous avons besoin de partager avec nos semblables nos parcours de vie, nos expériences et nos difficultés.

Un nouvel espace est ouvert à Pontoise : l'association Sobriété à Volonté. Animée par des dépendants en rétablissement, elle accueille toutes les personnes addictes qui souhaitent échanger dans un cadre protégé et bienveillant.

Notre objectif est simple : aider tous les addicts qui le souhaitent à retrouver une vie heureuse en cessant de consommer et en mettant en œuvre les changements nécessaires dans leur vie. Pour cela, nous mettons en place plusieurs actions :

  • accompagner les malades dépendants dans leurs démarches de rétablissement ;
  • organiser des groupes de parole dans un cadre protégé, anonyme et bienveillant ;
  • organiser des événements pour faciliter le lien social entre les malades dépendants et leur entourage ;
  • informer le grand public du processus de rétablissement.

Pour toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à pousser les portes des réunions des fraternités ou qui ne trouvent pas de réponse satisfaisante dans une structure médicalisée, Sobriété à Volonté offre un espace qui est le vôtre et celui de tous les malades dépendants.

Nous nous retrouvons entre nous : dépendants en rétablissement depuis une heure, un jour, un mois, un an, dix ans… Nous discutons, en groupe ou en tête-à-tête, de nos difficultés, de nos réussites, de nos avancées. Nous partageons nos progrès et nos évolutions. Nous apprenons les uns des autres.

Nous vous accueillons tous les jeudis, de 13h30 à 16h30 :

Espace Larris-Maradas – Salle Violette
Avenue de l'Est à Pontoise

Le modèle Minnesota, les étapes

Le modèle Minnesota est basé sur le programme en douze étapes créé par Robert Holbrook Smith et William Griffith Wilson en 1935. À l'époque, les alcooliques étaient enfermés en hôpital psychiatrique et n'étaient pas ou peu pris en charge : peu de traitements, faible coopération des soignants, rechutes très importantes après l'internement.

Historique

En 1948, sous l'impulsion d'Austin Ripley, l'hôpital Hazelden de Saint-Paul, dans le Minnesota, propose un programme de soins, qui sera l'ancêtre du programme Minnesota, et ouvre une unité spéciale pour les alcooliques, où ces derniers sont séparés des malades mentaux.

À partir de 1950, au Wilmar State Hospital, toujours dans le Minnesota, le programme de rétablissement Minnesota voit le jour grâce au Docteur Nelson Bradley. Des alcooliques en rétablissement sont formés en qualité de thérapeutes spécialisés et il est fait usage des douze étapes des Alcooliques Anonymes. En 1951 sort le premier livre écrit pour soigner les alcooliques et toxicomanes dépendants (le « Big book » des AA est paru pour la première fois en 1939).

Concept

Le concept du programme Minnesota repose sur le fait que l'alcoolisme est une maladie chronique (elle a une cause organique ou psychologique, elle a une ancienneté de plusieurs mois, elle impacte la vie quotidienne) :

  • primaire (elle n'a pas besoin d'une autre maladie préexistante pour apparaître) ;
  • progressive (à chaque rechute, on revient au point où l'on avait arrêté de consommer, en continuant à augmenter les doses) ;
  • incurable (il n'existe pas de traitement pour en guérir) ;
  • mortelle (à cause des accidents induits, des pathologies découlant de la consommation, des suicides…)

La maladie peut donc se traiter et le traitement est l'abstinence totale de produits modifiant le comportement. Il est primordial de ne pas transférer son addiction vers un autre produit ou un comportement.

Il s'agit de mettre en place une psychothérapie cognitive et comportementale qui se concentre sur les causes (maladie des émotions) plutôt que sur les symptômes (obsession et compulsion). Le rétablissement de la personne est au centre du programme, par le biais d'une prise en charge pluridisciplinaire (amélioration de la condition physique, croissance spirituelle, dignité de l'individu).

Le travail est celui des 12 étapes, ce qui permet à la personne dépendante d'accepter sa maladie, d'admettre son impuissance face aux produits et enfin de lâcher prise.

Fonctionnement

Pour aider à atteindre l'abstinence totale, qui peut faire peur, plusieurs outils sont mis à disposition des patients :

  • les 24 heures, qui permettent de structurer sa journée, avec un début et une fin, et de lutter contre la peur de ne pas y arriver sur le long terme ;
  • les groupes de parole et d'entraide, qui permettent de rompre la solitude, d'engager des partages de de s'identifier aux autres.

Il s'agit d'aider les personnes à arrêter de consommer des produits et à retrouver un mode de vie équilibré. Il devient nécessaire, pour se rétablir, de changer ses comportements et notamment accepter de recevoir ses émotions.

C'est un programme d'action : nous ne sommes pas responsables de notre maladie mais nous sommes responsables de notre rétablissement. Trois principes guident les malades :

  • la rigoureuse honnêteté ;
  • l'ouverture d'esprit ;
  • la bonne volonté.

Ces principes sont mis en œuvre dans les groupes, grâce aux feedbacks (retours nourrissants), à l'identification, aux partages, à l'entraide et aux confrontations bienveillantes. Ils sont complétés par un travail psychologique individuel. Ce changement de mode de vie permet de garder le lien avec l'extérieur et les autres.

Les 12 étapes
  1. Nous avons admis que nous étions impuissants devant notre dépendance et que nous avions perdu la maîtrise de notre vie.
    C'est un constat, une capitulation, la sortie du déni : je suis impuissant face à la maladie, je subis le produit. Je commence à cheminer vers l'acceptation. Il s'agit d'un premier pas vers la rigoureuse honnêteté envers soi-même.
  2. Nous en sommes venus à croire qu'une puissance supérieure à nous-mêmes pouvait nous rendre la raison.
    Je ne peux pas m'en sortir seul, j'ai besoin d'aide. La puissance supérieure peut par exemple être le groupe : je commence à prendre confiance en moi et surtout, à faire confiance aux autres, je crée du lien. Il s'agit d'un premier pas vers l'ouverture d'esprit.
  3. Nous avons décidé de confier notre volonté et notre vie aux soins de Dieu, tel que nous le concevions.
    C'est le début de l'action, la mise en œuvre de la bonne volonté : choix d'un parrain ou d'une marraine, prise en charge psychothérapeutique. J'arrive à un point où je peux me confier. Je découvre l'éveil spirituel, je vis le présent. Je lâche prise au lieu de m'entêter.
  4. Nous avons fait un inventaire moral sans peur et approfondi de nous-mêmes.
    Je fais une liste exhaustive de mes défauts, mais aussi de mes qualités. Cela me permet de savoir qui je suis, de connaître mes limites : j'augmente ma confiance en moi et mon estime de moi.
  5. Nous avons avoué à Dieu, à nous-mêmes et à un autre être humain la nature exacte de nos torts.
    Il s'agit d'une étape d'affirmation : je dis à quelqu'un (parrain, marraine) qui je suis, en toute honnêteté.
  6. Nous avons pleinement consenti à ce que Dieu élimine tous nos défauts de caractère.
    Il s'agit d'une étape de rédemption : je passe aux actions concrètes. Désormais, je sais qui je suis, et je m'accepte avec mes qualités et mes défauts : j'entame le changement.
  7. Nous lui avons humblement demandé de faire disparaître nos déficiences.
    Je sais qui je suis et j'ai besoin de déposer ce qui ne va pas : je ne m'encombre plus de ces fardeaux que je traîne depuis des années.
  8. Nous avons dressé une liste de toutes les personnes que nous avions lésées et avons résolu de leur faire amende honorable.
    Il s'agit ici d'acter le pardon : je fais une liste, je répare mes erreurs, je me pardonne à moi-même.
  9. Nous avons directement fait amende honorable à ces personnes dans tous les cas où c'était possible sauf lorsque cela pouvait leur nuire ou faire tort à d'autres.
    Cette étape est intimement liée à la précédente : est-ce que je peux réparer ce que j'ai fait ? Je garde à l'esprit que je ne peux pas nécessairement demander pardon à tout le monde, ni réparer toutes mes erreurs.
  10. Nous avons poursuivi notre inventaire personnel et avons promptement admis nos torts dès que nous nous en sommes aperçus.
    Dès que je rencontre un problème, je refais les premières étapes. Je me pose, j'analyse, je réfléchis aux conséquences. Puis je passe à l'action. Je suis désormais capable de reconnaître mes erreurs, avec honnêteté. Dès que la situation le demande, je fais une balance décisionnelle.
  11. Nous avons cherché par la prière et la méditation à améliorer notre contact conscient avec Dieu, tel que nous le concevions, lui demandant seulement de connaître sa volonté à notre égard et de nous donner la force de l'exécuter.
    Je suis ici et maintenant : j'utilise la pleine conscience.
  12. Ayant connu un réveil spirituel comme résultat de ces étapes, nous avons alors essayé de transmettre ce message aux dépendants et d'appliquer ces principes dans tous les domaines de notre vie.
    Fort de mon parcours, j'aide les autres par le partage de mes expériences.

De patient à pair-aidant au sein du même établissement

Je suis malade alcoolique depuis 30 ans, et même si je suis abstinent depuis plus de huit ans, je resterai malade alcoolique toute ma vie : pour moi, il n'y a pas de guérison possible. Par contre, je me rétablis, et ce processus de rétablissement que j'ai entamé en 2014 se poursuit jour après jour et gagne en solidité à mesure que je progresse sur ce chemin.

Mon rétablissement a réellement débuté au Centre de Psychothérapie d'Osny (CPO), qui a mis en place depuis toujours un programme de soins basé sur le modèle Minnesota, décrit notamment par les Alcooliques Anonymes (AA) et les Narcotiques Anonymes (NA). Il s'agit d'un programme en douze étapes permettant au malade addict de trouver le chemin du rétablissement et de vivre pleinement heureux tout en maintenant son abstinence. Le programme ne se limite pas aux addictions aux produits (alcool, drogues, médicaments…) mais s'étend également aux comportements (jeux, sexe…). Il ne s'agit pas non plus uniquement d'un programme permettant de s'abstenir de consommer, mais plutôt d'un programme de rétablissement au sens large, presque un « guide » de vie.

Je suis malade alcoolique mais ce n'est pas ce qualificatif qui me définit. Je ne peux pas être résumé à cette maladie. D'abord parce que j'ai été également atteint d'autres troubles psychiatriques, dont la dépression, mais surtout parce que ma vie de personne en rétablissement ne tourne plus du tout autour de l'alcool, de sa consommation ou de comment je n'en consomme plus. Ce qui me définit désormais, c'est le chemin de vie que j'ai choisi d'emprunter depuis huit ans et mes actions au quotidien.

Parmi ces actions, il y a l'aide que je peux apporter à d'autres patients addicts, dont beaucoup peinent à initier leur rétablissement. Cette démarche est pour moi naturelle : je veux tenter de redonner une partie de ce que j'ai reçu moi-même lorsque j'ai demandé de l'aide. Elle constitue ensuite la douzième étape du programme des AA : transmettre ce que l'on a appris. Et c'est enfin la base de la pair-aidance : apporter son soutien aux personnes qui vivent actuellement ce que l'on a déjà vécu lorsque l'on était soi-même patient, faire profiter les autres de son savoir et de son savoir-faire, partager son expérience.

Finalement, j'ai découvert la pair-aidance lorsque j'étais moi-même patient, sans connaître le mot. Et ce mode de rétablissement m'a permis de devenir la personne que je suis aujourd'hui.

L'ouverture du Diplôme universitaire de Pair-aidance en santé mentale en 2019, à l'Université Claude Bernard de Lyon, permet de légitimer la présence des pairs-aidants dans les équipes soignantes et de professionnaliser leurs pratiques grâce à l'apport de connaissances théoriques et d'une vision plus complète des champs d'application. C'est une nouvelle ère qui s'ouvre, qui permet d'insérer un nouveau maillon dans la chaîne de l'alliance thérapeutique.

Lorsque je me suis présenté au CPO le premier jour de mon stage de fin d'études, j'avais une très légère appréhension. Je connaissais bien la structure, une grande partie de l'équipe, le modèle de rétablissement. Je savais que mon arrivée avait été bien préparée et que j'allais être bien accueilli : la pair-aidance a toujours été l'une des clés au CPO, notamment grâce aux messagers. Je n'avais pas non plus de doute sur le fait que j'étais bien à ma place : un ancien patient en rétablissement, ayant suivi une formation diplômante, capable de favoriser la communication entre les soignants et les patients et d'apporter une autre forme de soin.

Ce qui me questionnait était ailleurs : j'avais été hospitalisé dans ces mêmes murs et j'avais été pris en charge par ces mêmes soignants. Comment allions-nous tous gérer ce « franchissement de barrière » ?

Tout s'est en fait déroulé de manière très naturelle : l'équipe m'a accueilli comme un collègue, avec beaucoup de bienveillance. J'ai immédiatement été intégré au reste de l'équipe et j'ai participé à toutes les réunions. Surtout, l'équipe a toujours montré son intérêt pour mes remarques, mes réflexions, mon ressenti. C'est à ce moment-là, dès le premier jour, que j'ai compris que l'intégration d'un ancien patient, qui connaissait déjà « l'autre côté », était une chose naturelle pour les soignants. Que tout était fait, au CPO, pour le patient et avec le patient. C'est à ce moment-là que j'ai réalisé à quel point les pairs-aidants pouvaient devenir une ressource riche dans une structure de soins, en étant les seuls acteurs du soin en mesure d'apporter aux patients ce que l'équipe soignante ne peut leur apporter.

Depuis ma sortie d'hospitalisation il y a plus de huit ans, l'institution est toujours restée en contact avec moi. Le psychiatre en chef notamment, a toujours eu à cœur d'impliquer les patients dans la démarche de soin de la clinique ; il m'a plusieurs fois convié à des réunions avec d'autres anciens patients afin que nous puissions échanger sur les axes d'amélioration de la prise en charge. Plusieurs de nos id&ées ont été reprises et sont encore en place. Cette approche, qui met le patient et le rétablissement au cœur du parcours de soin, est déjà une approche orientée pair-aidance. Avant même de connaître ce terme, je faisais, sans le savoir, de la pair-aidance. Et avoir l'opportunité d'exercer une activité professionnelle là où j'ai été hospitalisé n'entraîne pas de difficulté, bien au contraire. C'est une force, au service des patients.

La formation, puis le stage, ont été pour moi une révélation. Depuis mon passage au CPO, en hospitalisation complète puis à l'hôpital de jour, j'ai toujours voulu y retourner régulièrement, pour y partager mon expérience de la maladie et du rétablissement, pour y transmettre de l'espoir. Je me suis rendu compte que ces interventions me faisaient également beaucoup de bien, qu'elles participaient à mon propre rétablissement. Au fil des années, cette envie de revenir s'est transformée en besoin. Mais il n'est pas possible actuellement de revenir régulièrement dans un établissement de santé si l'on n'est pas un professionnel diplômé. Et c'est là que le Diplôme universitaire de pair-aidance a su répondre à ce besoin : ce besoin de nombreux patients, experts de leur maladie, acteurs de leur rétablissement, qui veulent, qui ont besoin de transmettre leurs savoirs pour aider leurs semblables…

Aujourd'hui, j'interviens deux jours complets par semaine en tant que pair-aidant professionnel au CPO, en hospitalisation complète et en hôpital de jour. Je suis totalement intégré à l'équipe des soignants et parfaitement accepté par les patients.

Christophe Planet, avril 2022. Consultez mon mémoire de fin d'études en cliquant ici.

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